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Entreprise de propreté : comment calculer le taux horaire à facturer

3 min de lectureBassem MAHJOUB, expert-comptable

Dans la propreté, l'essentiel du coût, c'est l'heure de travail. Un devis se gagne ou se perd sur quelques dizaines de centimes par heure — et une erreur de chiffrage se paie pendant toute la durée du contrat, souvent reconduit tacitement d'année en année. Voici comment construire un taux horaire de vente qui couvre réellement vos coûts.

Étape 1 : le coût horaire chargé, et pas seulement le taux de la grille

Le point de départ est le salaire conventionnel du poste (grille de la convention collective de la propreté, IDCC 3043), majoré des éléments qui s'y ajoutent presque toujours : prime d'expérience, éventuelles majorations pour travail de nuit, dimanche ou jours fériés selon les sites.

S'ajoutent les charges patronales, puis des coûts salariaux souvent oubliés au devis : les congés payés et jours fériés chômés (vous vendez des heures travaillées, vous payez aussi des heures non travaillées), la mutuelle et la prévoyance, la médecine du travail, et les frais professionnels — transport, entretien des tenues. Selon le profil du poste et les majorations applicables, le coût horaire chargé « complet » dépasse largement le taux affiché sur la grille — c'est lui, et lui seul, qui doit servir de base au chiffrage.

Étape 2 : les coûts que le client ne voit pas

Un contrat de nettoyage ne consomme pas que des heures d'agent :

Les remplacements et l'absentéisme. C'est le poste le plus sous-estimé du secteur. Un site doit être fait même quand l'agent est absent : le remplacement au pied levé coûte cher (heures complémentaires, déplacements supplémentaires). Provisionner quelques pourcents de la masse horaire est une question de survie, pas de confort.

L'encadrement. Chef d'équipe, inspecteur, temps de contrôle qualité et de relation client : sur un portefeuille de sites, cela représente une quote-part réelle par heure vendue.

Produits, matériel et consommables. Ordre de grandeur usuel de quelques pourcents du chiffre d'affaires — davantage en vitrerie ou remise en état.

La structure. Devis, planification, paye (complexe dans la propreté !), comptabilité, assurances, local.

Étape 3 : du coût de revient au prix de vente

Le taux de vente s'obtient en ajoutant au coût de revient horaire complet la marge cible. Raisonnez en taux de marque par contrat et non « au global » : un contrat de bureaux en journée, sans majoration ni déplacement, n'a pas le même coût qu'un site en horaires décalés à 30 minutes du dépôt. Appliquer un taux unique à tout le portefeuille revient à surfacturer les bons contrats et à subventionner les mauvais — jusqu'au jour où un concurrent vous prend les bons.

Dernier point de vigilance au chiffrage d'une reprise de marché : l'article 7 de la convention collective vous impose de reprendre les salariés du prédécesseur avec leur ancienneté et leur salaire. Le coût du personnel repris est un fait, pas une variable d'ajustement — chiffrez à partir des données sociales réelles du site, obtenues avant de remettre le prix.

Piloter, pas seulement chiffrer

Le taux horaire de vente n'est utile que s'il est confronté chaque mois à la réalité : heures payées par site, heures vendues, écart. Ce suivi ne demande pas une usine à gaz — une comptabilité à jour et un tableau heures vendues / heures payées par contrat suffisent à repérer les sites qui dérivent. C'est exactement ce que nous mettons en place pour nos clients de la propreté, avec une paye qui applique correctement la convention collective. Découvrez nos formules ou contactez-nous.

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